Biennale de Venise: top 3 des pavillons nationaux

Gepubliceerd op: 10 May 2019

Colette Dubois vous présente son top 3 des pavillons nationaux à la Biennale de Venise 2019.

 

En première position, le pavillon croate, situé dans le quartier Santa Croce (à deux pas de la Fondation Prada), occupe un ancien atelier de menuiserie récemment fermé et laissé à l’état brut. Katerina Gregos, la curatrice, y présente ‘Traces of Disappearing’ de l’artiste Igor Grubić (°1969, Zagreb). Le projet – des photographies et un film - résulte de 13 années de travail, dont n’est présenté ici qu’une petite partie. L’artiste documente les changements dans l’habitat, dans l’industrie, dans l’espace public, et donc dans les relations sociales qui résultent du passage de l’économie planifiée socialiste au capitalisme. L’ensemble se décline en trois chapitres distincts : ‘Wild House’ décrit un habitat de fortune et de résistance, ‘Filigree Sidewalk’ s’attache aux mutations dans les métiers traditionnels et ‘Deconstruction of the Factory’ s’intéresse aux usines désaffectées. La mise en espace utilise des structures métalliques laquées en lien direct avec l’univers industriel.

L’exposition, d’une justesse et d’une intelligence rare, contraste radicalement avec tout le reste de la biennale. Le lieu de présentation est en adéquation étroite avec le propos de l’artiste : les fissures des murs bruts de l’atelier renvoient aussi bien aux fissures de la société croate qu’à celles du monde actuel.

Croatian Pavilion at the Biennale Arte 2019, Calle della Regina, Sestiere Santa Croce 2258, Venezia.

En seconde position, l’installation d’Angelica Mesiti, présentée au pavillon australien réclame elle aussi que le visiteur prenne le temps d’assister à la totalité de la projection.

‘Assembly’ prend la forme d’une arène circulaire au desus de laquelle trois projections monumentales dialoguent à l’unisson ou s’opposent. La projection s’ouvre sur un poème qui va devenir une oeuvre musicale. Il s’agit d’interroger les potentialités (et les limites) de la traduction du verbal en non verbal, cela passe par un sténotype au clavier semblable à celui d’un piano, par une langue signée utilisée dans le cadre de ‘Nuit debout’ à Paris en 2017, par le geste et, bien sûr, par la musique. Cette recherche d’un langage, sinon commun, au moins compréhensible par tous touche à la démocratie. Elle est aussi empreinte d’une grande poésie, qu’il s’agisse du texte de David Malouf, de la chorégraphie de signes ou encore de la fabrication et de l’envol de lucioles.

Australian Pavilion, Giardini.

En troisième position, ce pourrait être le pavillon du Ghana ou celui de l’Ukraine, les deux à l’Arsenale ou encore le pavillon de Grande Bretagne aux Giardini, mais avec dans chaque cas tellement de restrictions que je ne peux pas choisir…

Colette DUBOIS

 

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